Vente de voitures électriques : la hausse se confirme-t-elle en 2026 ?
Nouveau record pour la voiture électrique en France. En septembre 2026, 65 641 voitures particulières 100 % électriques ont été immatriculées, soit 41,91 % des voitures neuves vendues sur le mois, selon le baromètre de l'Avere-France [1]. Mieux, la vente de voitures électriques entraîne dans son sillage un marché de la voiture neuve longtemps resté à l'arrêt. Simple coup d'accélérateur ou vrai tournant ?
Où en est la vente de voitures électriques en France ?
Un marché automobile resté plat au premier semestre
Pour la mobilité, le début d'année a démarré doucement. Au premier semestre 2026, 857 166 voitures neuves ont été vendues en France, à peine 1,8 % de plus qu'un an plus tôt [2]. « Un marché assez plat », résumait alors une porte-parole de la Plateforme automobile (PFA), qui représente la filière [3]. Et à l’époque, l'électrique sortait déjà du lot, avec 28 % des immatriculations sur le premier semestre [4].
Les chiffres de septembre 2026
Septembre a changé la donne. D'après la PFA, 156 629 voitures particulières neuves ont été immatriculées sur le mois, en hausse de 11,6 % par rapport à septembre 2025 [5]. Ce rebond, la fédération le doit pour l'essentiel aux motorisations électriques et hydrogène, qui pèsent 42 % des immatriculations du mois. En ajoutant l'hybride rechargeable, la part grimpe à 48 % [6]. « En un an, la part de l'électrique a presque doublé », résume Clément Molizon, délégué général de l'Avere-France, l'association qui promeut le véhicule électrique [7].
Pourquoi les ventes de voitures électriques progressent-elles ?
Les voitures électriques semblent donc avoir le vent en poupe. Comment l'expliquer ? Selon les analyses de la filière, plusieurs raisons se distinguent :
- Une voiture électrique plus intéressante financièrement : pour l'Avere-France, « cette poussée s'explique avant tout par l'attrait économique croissant du VE ». L'association relève que les modèles les plus vendus étaient tous déjà sur le marché en 2025 et que leurs ventes décollent, avec, par exemple, le bon démarrage de la nouvelle Renault Twingo [8].
- Une offre plus large et plus abordable : la PFA compte plus de 180 modèles disponibles et salue l'arrivée de petites voitures électriques d'entrée de gamme, comme les Renault 5 et Twingo ou la Citroën ë-C3 [9]. Le choix de modèles électriques est donc de plus en plus large.
- Le leasing social : véritable coup de pouce pour les ménages modestes, relancé le 16 juillet 2026 avec 401 millions d'euros sur la table, il permet à au moins 50 000 ménages de louer une voiture électrique neuve pour moins de 200 euros par mois [10]. Et le succès est au rendez-vous : plus de 35 000 contrats étaient signés début octobre, selon l'Avere-France [11].
- Le bonus écologique : cette aide de l'État reste ouverte aux voitures qui atteignent un score environnemental minimal, coûtent 47 000 euros au plus et pèsent moins de 2 400 kg [12]. Elle allège la facture au moment d'acheter une voiture électrique, comme les autres avantages fiscaux de la voiture électrique.
Entre la commande d'une voiture et son immatriculation, il s'écoule un délai : les voitures commandées en février n'ont été immatriculées qu'à partir d'avril, rappelle la PFA. Selon la fédération, la hausse du prix des carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient commence seulement à se lire dans les statistiques. Elle oriente probablement déjà le choix des automobilistes [13].
La hausse des ventes de voitures électriques va-t-elle durer ?
La filière savoure ces chiffres, sans s'emballer. La PFA reconnaît que les aides permettent au marché électrique de s'installer, avant de nuancer : « Mais cela sous-entend aussi qu'il dépend des aides à l'achat » [14].
En outre, la bataille se joue aussi entre marques. Les constructeurs chinois accélèrent : en septembre, ils ont représenté 8 % des ventes de voitures neuves en France, toutes énergies confondues, contre 3,4 % sur les neuf premiers mois de l'année. Sur l'électrique seul, leur part de marché atteint 7%[15]. « De plus en plus de marques (chinoises) s'installent sur le marché », constate la PFA, qui cite BYD et XPENG [16].
Les constructeurs automobiles européens, de leur côté, font-ils baisser les prix ? Pour la PFA, les nouvelles venues d'entrée de gamme, comme les Renault 5 et Twingo ou la Citroën ë-C3, ont justement contribué à rendre l'électrique moins cher [17]. Côté américain, le Tesla Model Y reste la voiture électrique la plus immatriculée en France de janvier à septembre [18].
La voiture électrique d'occasion profite-t-elle aussi de l'élan ?
Sur le marché de l'occasion, les ventes de véhicules reculent dans leur ensemble : 435 236 transactions en septembre 2026, 5 % de moins qu'un an plus tôt, selon AAA Data [19]. Le diesel (40 % du marché) et l'essence (39 %) perdent du terrain, avec des ventes en baisse de 13 % et de 6 %. À l'inverse, l'électrique d'occasion grimpe de 32 %, à 22 428 transactions, soit 5 % du marché. Les ventes de voitures hybrides progressent elles aussi [20].
Sur le trimestre, le baromètre de l'Avere-France et de Mobilians compte 61 349 voitures électriques d'occasion vendues au troisième trimestre 2026, 40 % de plus qu'un an plus tôt [21]. Ce sont surtout les professionnels, dopés par les loueurs de courte durée, qui font grimper ces chiffres. Autre signal encourageant : il faut désormais 134 jours en moyenne pour revendre une électrique d'occasion, contre 138 au trimestre précédent. « Les voitures électriques d'occasion se vendent donc désormais plus vite que les modèles thermiques », note le baromètre [22].
Nouveauté de la rentrée, la prime CEE s'applique depuis septembre aux électriques d'occasion. Elle est disponible tout modèle 100 % électrique, immatriculé pour la première fois en France entre 2017 et 2023 et acheté auprès d'un professionnel. Son montant, d'environ 350 €, reste cependant jugé peu significatif par l'Avere-France [23].
Bon à savoir : avec Charge E-Lec, il est possible de recharger son véhicule pendant ses courses sur près de 3 000 points de charge partout en France. Avec la Carte E.Leclerc, gratuite, la première recharge rapporte 50 % de la valeur des kWh consommés en Tickets E.Leclerc, une offre valable jusqu'au 31 décembre 2026 pour les 100 000 premiers clients, dans les magasins participants. Les recharges permettent aussi de cumuler des Tickets E.Leclerc dans une cagnotte, dont le montant dépend du magasin où se trouve la borne. Le simulateur de coût de recharge permet aussi d'estimer son budget.
Sources :
Avere-France – Baromètre septembre 2026 : nouveau record pour les voitures particulières
AAA Data – Immatriculations et parts de marché du neuf et de l'occasion en septembre 2026
Avere-France et Mobilians – Baromètre du marché des voitures électriques d'occasion (T3 2026)