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Flottes d’entreprises de voitures électriques : quotas 2025 et projections 2026

Publié le 03/10/2025
10 min

Dans le contexte climatique actuel, l’évolution des réglementations, de plus en plus d’entreprises se tournent vers des flottes vertes, c'est-à-dire avec des véhicules à faibles émissions ou 100 % électriques. L’objectif de ces flottes durables est de réduire l’empreinte carbone des déplacements professionnels, en optimisant à la fois les coûts et en répondant aux attentes sociétales en matière de responsabilité environnementale (RSE). Mais au-delà de l’impact environnemental, la législation impose désormais des quotas progressifs, qu’il est crucial d’anticiper dès maintenant. Alors, que prévoit la loi en 2025 ? Et surtout, quelles sont les projections pour 2026 ?

Pourquoi verdir sa flotte d'entreprise ?

Verdir sa flotte automobile est certes une obligation légale mais aussi un moyen de rendre son entreprise éthique et respectueuse de la planète. 

Verdir sa flotte automobile : que dit la loi ? 

La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), adoptée le 24 décembre 2019, fixe des objectifs à long terme pour décarboner le transport routier d’ici 2050. Elle impose progressivement aux entreprises, collectivités et autres structures d’acheter une part croissante de véhicules à faibles émissions (VFE) ou très faibles émissions (VTFE), notamment des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. 

Ces obligations concernent les entreprises avec un parc de plus de 100 véhicules. Les détails pratiques sont précisés dans le Code de l’environnement. La Loi Climat et Résilience, adoptée en juillet 2021, est venue renforcer ces exigences, en accélérant la transition vers des flottes plus propres.

Objectifs environnementaux et RSE 

Verdir sa flotte ne se limite pas à cocher une case réglementaire : c’est avant tout une démarche qui réduit concrètement l’empreinte carbone de l’entreprise. En remplaçant progressivement les véhicules thermiques par des modèles à faibles ou très faibles émissions, on diminue les émissions de CO₂, mais également d’autres polluants nocifs, ce qui contribue à une meilleure qualité de l’air et préserve les ressources naturelles.

C’est aussi un engagement RSE fort (Responsabilité Sociétale des Entreprises) qui s’inscrit dans les attentes des parties prenantes, c'est-à-dire des clients, des actionnaires, des collectivités locales et des salariés. C'est notamment le cas dans des secteurs très dépendants de la mobilité comme la livraison. Voxlog rappelle que “70 % des consommateurs, en particulier les jeunes, ont une meilleure image des e-commerçants proposant une option de livraison éco-responsable”.

Impact sur l'image de l'entreprise et attractivité des talents

Dans un contexte où la conscience écologique des consommateurs et des salariés est en hausse, une entreprise engagée dans la transition énergétique et l’électrification de sa flotte véhicule des valeurs modernes dont le respect de l’environnement, la responsabilité, et l’innovation. Cela peut jouer un rôle positif dans la marque employeur. Par exemple, une entreprise engagée attire plus de candidats, notamment issus des plus jeunes générations qui recherchent des employeurs dont les choix sont alignés avec leurs convictions. Ainsi, “55% des collaborateurs, l'engagement social ou environnemental d'une entreprise est un critère plus important que le salaire” d’après le groupe Onepoint. 

Par ailleurs, sur le marché, cette image peut même devenir un avantage concurrentiel. En effet, les clients, les fournisseurs ou les partenaires sont de plus en plus sensibles à l’impact environnemental des entreprises avec lesquelles ils travaillent. Une flotte plus propre peut donc devenir un argument différenciant dans les appels d’offres, ou pour respecter les critères RSE dans les cahiers des charges publics ou privés.

Réduction des coûts opérationnels grâce aux véhicules électriques

Même si l’investissement initial peut être plus élevé pour les véhicules électriques (achat, installation de bornes, formation, etc.), les gains sur le long terme sont souvent significatifs. Parmi les économies :

  • des coûts d’entretien réduits : les VE requièrent moins de composants susceptibles d’usure (pas de filtre à carburant, moins de pièces mécaniques complexes, moins de vidanges, etc.), ce qui revient à des frais de maintenance moindres.

  • des économies de carburant : l’électricité coûte souvent moins cher par kilomètre que l’essence ou le diesel, surtout si on optimise les recharges (recharge sur site, recharges nocturnes, etc.).

  • des incitations fiscales et des aides : exonération de certaines taxes, amortissements favorisés, coefficient de majoration pour les VE, réduction ou abattement sur l’avantage en nature, aides pour les bornes de recharge, etc. Ces avantages sont bien pratiques pour améliorer le retour sur investissement de la transition. 

Ainsi, une flotte électrique bien gérée peut coûter jusqu’à 30% moins cher que son équivalente thermique, en réduisant à la fois les risques liés aux évolutions réglementaires (malus, pénalités, taxes, etc.).

Les quotas 2025 pour les flottes électriques 

Le seuil des 100 véhicules marque un tournant puisqu’il détermine quelles sont les entreprises concernées par les obligations de verdissement en vigueur en 2025.

Pourcentage de VE imposé selon la taille de la flotte

Depuis le début de l’année 2025, toutes les entreprises qui possèdent plus de 100 véhicules doivent s'assurer qu'au moins 20% des véhicules achetés ou renouvelés (1 véhicule sur 5) soient des modèles à faibles émissions, comme des voitures électriques ou des hybrides rechargeables. 

Sanctions et implications en cas de non-respect

Le non-respect des quotas fixés peut coûter cher aux entreprises. En 2025, chaque véhicule manquant par rapport au quota peut entraîner une amende de 2 000 € (par véhicule manquant). En France, un plafond est tout de même prévu. Les sanctions ne pourront en effet pas dépasser 1 % du chiffre d’affaires de l’entreprise concernée, afin d’éviter des pénalités disproportionnées.

Projection et anticipation pour 2026

Les règles évoluent rapidement d’une année à l’autre, et 2025 a marqué une étape clé dans la transition des flottes. C’est pour cette raison qu’il est dès lors essentiel pour les entreprises d’anticiper les quotas à venir en 2026 voire en 2027, pour éviter toute précipitation et adapter les stratégies d’acquisition en amont.

Évolution des quotas et exigences légales

En 2026, l’objectif de part minimale de véhicules à faibles émissions (VFE) dans les renouvellements de flotte est fixé à 18 % selon le mécanisme de la taxe annuelle incitative. Quant au barème des pénalités, il progressera à 4 000 € par véhicule manquant. 

En 2027, la cible de VFE montera à 40 %, avec un tarif unitaire de 5 000 €/véhicule manquant à partir de cette année. Ce n’est pas tout, sur le long terme, les objectifs continuent de croître avec un taux visé de 70% en 2030, dans la trajectoire de la taxe incitative. 

En 2035, c’est une interdiction totale du thermique neuf qui est visé. 

Tendances du marché et disponibilité des véhicules électriques

L’électrification des flottes automobiles françaises ne relève plus du projet mais d’une réalité qui s’installe durablement. D’après les résultats du Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2025 d’Arval, les chiffres en témoignent et dessinent une tendance de fond :

  • 65 % des parcs intègrent déjà des véhicules électriques ou hybrides rechargeables, un taux stable par rapport à 2024 et qui place d’ailleurs la France très largement devant la moyenne européenne (42 %).

  • Les grandes entreprises font figure de locomotives : 87 % déclarent avoir franchi le pas en matière de véhicules propres ou prévoient de le faire, portées par les obligations de la LOM en matière de verdissement.

  • Les petites entreprises ne sont pas en reste, avec 85 % engagées dans le mouvement, tandis que les PME et ETI affichent un niveau d’adoption légèrement inférieur (79 %).

Véhicules électriques et flotte d’entreprise : quelle stratégie d'acquisition ?

Le leasing a le vent en poupe. La Location Longue Durée (LLD) s’impose progressivement comme la solution de financement favorite des entreprises françaises. D’année en année, ce modèle gagne du terrain et devient un réflexe pour de nombreux gestionnaires de flotte. Aujourd’hui, près d’une entreprise sur deux (47 %), toutes tailles confondues, utilise la LLD comme mode de financement principal pour ses véhicules.

Quelles stratégies pour le verdissement du parc automobile ?

Pour réussir la transition vers une mobilité plus durable, il est essentiel d’adopter une approche structurée et progressive, qui intègre à la fois des choix techniques, économiques et humains.

Remplacement progressif des véhicules thermiques

La bascule vers l’électrique ne peut se faire du jour au lendemain : elle nécessite un calendrier de remplacement progressif. Les entreprises commencent par cibler les véhicules les plus anciens ou les plus coûteux à entretenir, pour les substituer par des modèles électriques ou hybrides. Cette approche graduelle permet de lisser l’investissement et d’adapter la flotte en fonction des besoins réels de mobilité.

Dans ce cadre, le recours à la location longue durée ou au leasing apporte de la souplesse, en intégrant souvent l’entretien, l’assurance et la gestion externalisée du parc automobile. Les directions de flotte s’appuient également sur une analyse régulière du coût total de possession (TCO) pour démontrer la compétitivité des motorisations alternatives. 

Bon à savoir : Aujourd’hui, en Europe “6 employés sur 10 veulent une voiture de fonction électrique”. Si cela répond à une attente de salariés, pour limiter les coûts de déplacement, le mieux reste de leur proposer des formations à l’éco-conduite.

Optimisation des trajets et gestion de flotte

L’électrification ne se limite pas au renouvellement des véhicules. Elle implique aussi une gestion plus fine des trajets. Grâce à la télématique et aux outils connectés, les entreprises peuvent analyser les déplacements, identifier les kilomètres superflus et redéfinir les missions de chaque véhicule. Les véhicules électriques sont ainsi prioritairement affectés aux usages urbains, et à la livraison dernier km, tandis que les derniers thermiques trouvent encore leur place sur les longues distances.

Intégration des bornes de recharge sur site et réseau public

La réussite d’une flotte électrifiée dépend aussi des infrastructures de recharge. En effet, le premier frein à l’adoption de véhicules électriques en entreprise reste le manque de bornes IRVE. D’après Arval “Les freins à l’adoption des véhicules électriques restent identiques d’une année à l’autre et portent essentiellement sur les infrastructures de recharge : plus de 8 entreprises sur 10 (86 % pour les VP et 83 % pour les VUL) mentionnent au moins une raison liée aux points de recharge”.

Verdissement des flottes : et après ?

Les attentes des professionnels semblent matcher celles de particuliers qui veulent eux aussi se tourner vers la mobilité électrique.

Avec son réseau Charge E‑Lec, E.Leclerc a déjà déployé plus de 4 300 points de charge sur ses parkings, accessibles pendant les horaires d’ouverture des magasins. Les automobilistes peuvent ainsi recharger leur véhicule pendant leurs courses, sans perte de temps. Ce service révèle la volonté d’E.Leclerc qui souhaite faciliter l’usage du véhicule électrique au quotidien et rendre la mobilité durable plus accessible à tous. Une initiative concrète, en ligne avec la transition énergétique, qui peut aussi servir de modèle pour les entreprises en phase de verdissement de leur flotte !

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